Codex Magius

Musée de la BnF – la Rotonde et la galerie Auguste Rondel

Codex Magius

Quelle histoire symbolique raconte cette vue de Chypre ?

Représentée sous une forme largement imaginaire au moment où elle est envahie par l’armée ottomane, l’île est cependant reconnaissable grâce aux deux places fortes : Nicosie avec son enceinte circulaire et Famagouste avec son port. Sur cet arrière-plan se détache le motif principal : un tronc d’arbre brisé d’où s’élève une nouvelle branche qui se dresse en direction du soleil. L’image symbolise la renaissance, non pas de l’île, définitivement perdue pour Venise, mais du commanditaire du manuscrit, le citoyen vénitien anobli Carlo Maggi, envoyé de la Sérénissime en Méditerranée orientale, chevalier du Saint-Sépulcre de Jérusalem et intendant des munitions de Nicosie à partir de 1568. Fait prisonnier lors de la prise de la capitale insulaire en 1570, vendu comme esclave sur l’île de Chios, Maggi parvient à se libérer et à regagner Venise l’année suivante.

Un manuscrit à la gloire de la famille
Ce manuscrit, document exceptionnel exclusivement composé d’enluminures peintes par un artiste vénitien en 1578, relate ces événements dramatiques pour mettre en avant la prospérité retrouvée de Carlo Maggi lui-même et de son jeune fils et héritier Antonio. Le prestige que retire Maggi de ses aventures en Méditerranée orientale et de sa participation à la défense de Chypre se manifeste également dans un tableau du Tintoret de l’Alte Pinakothek de Munich que l’on peut dater de 1575 et dont le véritable sujet n’a pu être identifié que tout récemment grâce à la découverte d’une inscription : Carlo Maggi y est représenté entre un homme âgé, son père Giovanni Francesco, et un petit enfant, son fils Antonio (voir l’image ci-dessous).


Codex Magius
Venise, 1578
Manuscrit enluminé
Dpt Estampes et photographie

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